Mon engagement à Champéry - Témoignage d'une collaboratrice de Caritas

Notre collaboratrice junior Loucine Maugère a fait un engagement chez une famille paysanne à Champéry dans le Chablais Valaisan. Voici son témoignage.

Travaillant pour Caritas-Montagnards depuis 5 mois, j’avais l’impression de savoir exactement à quoi m’attendre de mon engagement montagnard chez la famille Berra à Champéry, VS. Mais j’ai été surprise. Surprise de la joie de vivre de cette famille, mais aussi surprise de la grande charge de travail, surprise de la taille imposante des vaches, surprise de la longueur des journées.

Arrivée à l’alpage, j’ai été chaleureusement accueillie par un magnifique coucher de soleil au-dessus des Dents du Midi. Un repas chaud préparé avec soin par l'agricultrice m’attendait déjà sur la table. Cinq minutes après mon arrivée, les enfants réclamaient déjà que je joue avec eux. Je me sentais directement à l’aise dans cette famille que je venais de rencontrer mais qui m’a accueillie comme s’ils me connaissaient depuis des années. Ma première nuit n’a pas été des plus reposantes. Il faut un moment pour s’habituer aux bruits de la ferme. Malgré cela, il y avait quelque chose de relaxant dans le son des cloches de vaches.

Après un bon petit déjeuner avec des confitures faites-maison, on m’a tendu un bâton et m’a dit de me positionner à l’entrée du pâturage pour guider les vaches qui sortaient pour la journée. Une seule consigne : Ne les laisse pas traverser la route, car elles doivent aller dans le pré du bas et pas du haut. J’étais stupide de penser que cela allait être une tâche facile. Les vaches ont dû sentir que leur taille m’impressionnait et se sont fait un malin plaisir à courir dans tous les sens. Finalement, l'agricultrice et moi avons passé la matinée à chercher les vaches une par une qui s’étaient, bien entendu, évadées dans le pré du haut. Je pensais que plus jamais je ne pourrais m’approcher d’une vache. Mais je me trouvais dans une ferme !

Le soir, le paysan, qui était descendu à la ferme du village pour s’occuper des génisses, n’était toujours pas de retour. L'agricultrice et moi nous retrouvant que les deux pour rentrer les vaches, je n’avais pas le choix que d’aller rechercher et ramener ces dernières toute seule, uniquement armée de mon bâton. La paysanne devait rester à l’étable pour les attacher quand elles arrivaient. Paniquée, mais sachant que la famille paysanne comptait sur mon aide, je me suis exécutée… avec succès ! Au final, un engagement montagnard c’est aussi ça, se donner les moyens de sortir de sa zone de confort et surmonter ses peurs. Le reste de la semaine, je me faisais même un grand plaisir d’aller chercher les vaches dans les champs toute seule.

 

La semaine est passée beaucoup trop vite. J’ai appris à traire les vaches, j’ai porté des centaines de litres de lait, planté des centaines de poireaux et fait des centaines de biscuits. J’ai fait le ménage, préparé de la confiture, aidé les enfants à faire leurs devoirs, donné le biberon au petit agneau… mais j’ai aussi beaucoup ri et partagé plein de moments chaleureux avec la famille paysanne. Le soir, j’étais toujours tellement fatiguée que j’allais me coucher dès que je pouvais. Je ne m’imaginais pas que les journées pouvaient être autant chargées. Mais je me sentais aussi légère et heureuse.

De retour au bureau de Caritas-Montagnards, je vois dès à présent mon travail d’un œil différent. En effet, avoir pu faire cette expérience de bénévole moi-même, m’a montré le besoin d’aide des familles paysannes. Il y avait toujours du travail à faire à la ferme, et pas de repos, car les animaux n’attendent pas. Cela m’a confirmé que mon travail à Caritas-Montagnards pouvait réellement soulager des familles en situation de crise, mais aussi créer des ponts entre des personnes.

 

Un témoignage de Loucine Maugère, collaboratrice Caritas-Montagnards

 

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